SEB : le directeur a les cartes en main

, par udfo52

Le Préfet de Haute-Marne, rencontré mercredi 13 juillet 2011, est prêt à lever la suspension administrative de l’atelier de production des biftecks hachés si le directeur de SEB accepte de mettre en oeuvre le nouveau process de contrôle.

La société SEB, de Saint-Dizier (52), a fait l’objet d’une décision administrative de suspension de fonctionnement de l’atelier qui fabrique les biftecks hachés.

La méthode de recherche des bactéries incriminées mise en oeuvre par l’entreprise n’étant pas suffisante, SEB a été invitée à étudier un nouveau process de contrôle. Celui-ci a été élaboré en concertation avec les services vétérinaires de l’Etat. Dès lundi 11 juillet 2011, il pouvait être mis en oeuvre permettant ainsi, au Préfet, de lever la fermeture administrative dont l’entreprise faisait l’objet.

Or le directeur a finalement refusé de mettre en oeuvre son nouveau process de contrôle pour des raisons, selon lui, économiques ; les analyses à réaliser étant honéreuses réduiraient trop sa marge bénéficiaire. Argument, qui selon les services de l’Etat ne tient pas la route. Le calcul du coût de ces contrôles supplémentaires a été fait et présenté au directeur afin de lui prouver que le montant ne mettait pas en danger l’entreprise aussi gravement qu’il le laissait entendre.

M. Lamorlette, directeur de SEB, qui claironnait n’avoir qu’un seul objectif : la sauvegarde des 140 emplois, met ces derniers en danger pour des raisons difficiles à admettre.

Aujourd’hui les salariés sont en congés payés depuis le début du mois. L’entreprise n’a enregistré aucune nouvelle commande et la vie de 140 familles est en jeu. La moyenne d’âge des salariés de SEB est de 45 ans. Beaucoup d’entre eux travaillent en couple pour le même employeur et les autres sont seuls à apporter un salaire dans leur foyer.

Eric Daouze, délégué syndical FO, a été désigné représentant des salariés auprès des administrateurs. Il espère obtenir, enfin, des informations précises sur la situation financière de l’entreprise lors de l’entretien qu’il doit avoir lundi 18 juillet 2011 avec l’administrateur Bayle. Il souhaite notamment être rassuré sur le paiement des salaires dans le cas où la production repartirait.

M. Lamorlette a le pouvoir de relancer l’entreprise en ordonnant la mise en oeuvre de son nouveau process de contrôle. Ainsi, apportera-t-il des garanties supplémentaires à Lidl, son principal client, qui pourra débloquer ses commandes. Le sort des 140 salariés dépend donc bien de cette décision.