REFORME TERRITORIALE : IL EST URGENT D’ARRETER LE MASSACRE !

, par udfo52

Le 20 novembre 2015, salle Niederberger à Chaumont, une cinquantaine de représentants FO des 3 versants de la fonction publique étaient réunis pour faire le point sur la mise en œuvre de la réforme territoriale dans le département.

Cette réunion était animée par Luc Neuhauser, coordonnateur régional FGF (Fédération Générale des Fonctionnaires FO), Dominique Perchet, secrétaire générale de l’UD FO et Rachel Sugneau, secrétaire de l’UIAFP (Union Interfédérale des Agents de la Fonction Publique).

A l’heure où nul ne peut nier l’efficacité des services publics et de leurs agents, les fonctionnaires ne peuvent que constater, une fois encore, qu’il y a un gouffre entre le discours du gouvernement et ses actes.

Les représentants FO des fonctionnaires du département, après un constat partagé d’un dialogue social déficient (pour ne pas dire inexistant) au sein des services de l’Etat départementaux et régionaux, ont évoqué les conséquences désastreuses de la réforme territoriale pour l’égalité de droit et l’unicité de la République. Il s’agit d’un véritable plan social du service public. Plus de 40 000 fonctionnaires et agents publics sont menacés de perdre leur poste et de subir des mobilités imposées. Le tout sans cadre national ni compensation. Dans un contexte dramatique où l’existence, la proximité et l’efficacité des services publics sont unanimement reconnues indispensables, toutes les réformes en cours auront pour conséquences leur démantèlement.

En Haute-Marne, par exemple, cela se traduira par la fermeture au public de la Sous-Préfecture de Saint-Dizier dès le printemps 2016 ou encore par la poursuite de la réduction des moyens octroyés au Service Jeunesses et Sport de la Préfecture qui est chargé d’accompagner les associations dans leur demande de subvention, de conseils… mettant en péril le milieu associatif, acteur indispensable de la cohésion sociale dans un département rural comme le nôtre.

La réforme des collèges évoquée au cours de cette journée a également suscité beaucoup d’inquiétudes. En effet, pour la première fois, les programmes de la 5e à la 3e ne seront plus seulement déterminés nationalement, mais aussi localement, établissement par établissement. Certains thèmes au programme deviendront facultatifs, au choix du collège, comme, en histoire, celui de l’étude de la « société et des cultures au temps des Lumières ». Enfin, le nombre d’heures consacrées à chaque matière ne sera plus fixé nationalement par niveau de classe (pour la 5e, la 4e, la 3e), mais modulable sur l’ensemble des trois années du cycle en fonction de ce que décidera le conseil d’administration du collège. Par exemple, certains collèges pourront proposer moins d’heures d’histoire en 5e, mais se « rattraper » en 4e ou en 3e. Ou l’inverse. Et tant pis pour ceux qui déménageront en cours de scolarité !

Réorganisation des services de l’Etat, réforme territoriale, réforme des collèges… transforment la République construite sur l’Etat, les Régions, les Départements et les Communes en une nation, fédération de grandes régions et métropoles, autonomes et omnipotentes. Cet éloignement des lieux de décisions supprime toute proximité de l’action publique.

A termes, il risque de ne plus y avoir de politique nationale mais 13 politiques régionales, distinctes, parfois même contradictoires, générant autant de droits différents.

A l’issue de la journée, les participants ont adopté une motion et mandaté Rachel Sugneau et Dominique Perchet pour solliciter une audience auprès du Préfet de Haute-Marne afin d’obtenir des réponses à leurs légitimes revendications et interrogations.