PRIME EXCEPTIONNELLE SUR LES PETITES RETRAITES : L’AUMONE REPUBLICAINE DE MANUEL VALLS

, par udfo52

L’Union Confédérale des Retraités Force Ouvrière considère que les annonces du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, à l’occasion de son discours de politique générale le 16 septembre, sont loin du compte.

Dans sa déclaration de politique générale le 16 septembre 2014 devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre renversait la table mais en se gardant bien de chiffrer ses promesses : "Quand, je vous l’annonce aujourd’hui, nous revalorisons le minimum vieillesse à 800 euros, et quand, de plus, nous verserons aux retraités qui perçoivent moins de 1 200 euros par mois une prime exceptionnelle, malgré la faible inflation, nous ne faisons pas de l’austérité". Plus tard dans la soirée, il annonçait royalement le passage du minimum retraite à 800 euros, soit 8 € de revalorisation. Ce que le Premier ministre oublie de préciser c’est que ce « cadeau » était inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2014. A y regarder de plus près, quand on sait que le seuil de pauvreté est fixé à 987 euros, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser !

Dans sa grande générosité, Manuel Valls a également décidé le versement d’une prime exceptionnelle de 40 euros pour les pensions de retraite inférieures à 1200 euros. Rappelons que les pensions de retraite n’ont pas augmenté depuis le 1er avril 2013 et qu’elles ne le seront pas avant le 1er octobre 2015, date légale d’une éventuelle revalorisation. Et même si 40 euros représentent une somme non négligeable, il faut la « répartir » sur les 30 mois qui vont séparer les revalorisations : au final, cela fait 1,33 euros par mois.

Annoncer une prime « exceptionnelle » d’un montant de 40 euros pour les retraités percevant moins de 1 200 € ne saurait contre balancer le blocage pendant 30 mois (de mars 2013 à octobre 2015) des pensions. Cela revient à considérer les primes de retraite comme une aide sociale alors qu’elles sont un droit, calculé en fonction de cotisations versées. La notion de « petite » retraite est dangereuse, car arbitraire. L’UCR-FO revendique un retour à l’indexation sur les salaires.

Par ailleurs, la revalorisation du minimum vieillesse de 8 euros par mois ne peut faire oublier les mesures qui ont frappé les retraités et les salariés ces dernières années :

- suppression de la demi-part pour les isolés,
- imposition des avantages familiaux,
- blocage des seuils des barèmes fiscaux,
- taxe de 0,3 % (CASA) sur les seuls retraités.

Chez les retraités, l’incompréhension et le mécontentement grandissent.