Le 5ème risque - Les retraités en perte d’autonomie sous le coup de peines multiples

, par udfo52

La prise en charge de la perte d’autonomie demeure un des grands enjeux des politiques sociales. Le futur projet de loi sur le « 5ème risque », lequel a fait l’objet de tant d’annonces, mais reste en attente à ce jour, nécessitera la plus grande vigilance pour que soient respectés les principes d’égalité et de solidarité au sens de la reconnaissance d’un risque de sécurité sociale comme le revendique FORCE OUVRIÈRE.

Pour Force Ouvrière, il est inacceptable que les retraités en perte d’autonomie tombent sous le coup de « peines multiples » : des retraites qui diminuent, une allocation personnalisée d’autonomie dont les montants ne permettent pas de couvrir l’ensemble des coûts financiers des besoins, des déremboursements forfaits et tickets modérateurs pour les dépenses de maladie.

L’inspection générale des affaires sociales (IGAS) s’est penchée sur le dossier de la perte d’autonomie des personnes âgées. Elle a rendu publique trois rapports consacrés respectivement à
- la gestion de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA)
- la qualité des services d’aide à domicile et les coûts mis à la charge des résidents en établissements d’hébergement (EHPAD).

Sur ce dernier rapport, je souhaite attirer toute votre attention. Il dresse un état des lieux relatif aux coûts mis à la charge de la personne âgée ou de sa famille en cas de séjour en établissement. Il révèle de fortes différences d’un établissement à l’autre et constate : « - que le montant mensuel de 1 500 € constitue une sorte de minimum incompressible qui ne s’applique qu’aux personnes très attentives à limiter leurs dépenses et qui résident dans les établissements situés en milieu rural dont le terrain et la construction sont financièrement totalement amortis ;
- que la somme mensuelle de 2 900 € représente, certes un montant élevé au regard des constats de la mission, mais que l’on peut fréquemment l’observer en milieu urbain et qu’elle ne correspond pas à des prestations particulièrement luxueuses ;
- que la moyenne de ces deux montants se situe à 2 200 € ;
- que les tarifs et les prix les plus élevés enregistrés par la mission aboutissent à une dépense mensuelle de 5000€ et que cette somme peut éventuellement être largement dépassée en fonction des souhaits de consommation de personnes disposant des ressources financières adaptées à ce mode de vie. »

Le rapport souligne en outre le « peu d’informations disponibles quant aux ressources mobilisées pour faire face aux coûts mis à la charge des personnes. Il est néanmoins clair que, très souvent, les retraites ne suffisant pas, les obligés alimentaires sont sollicités et les patrimoines familiaux entamés ou absorbés. L’admission à l’aide sociale à l’hébergement peut être sollicitée mais, le plus souvent, les familles évitent d’y recourir, notamment en raison de la perspective de la récupération sur succession ».

Pour Force Ouvrière, il est inacceptable que les retraités en perte d’autonomie tombent sous le coup de « peines multiples » : des retraites qui diminuent, une allocation personnalisée d’autonomie dont les montants ne permettent pas de couvrir l’ensemble des coûts financiers des besoins, des déremboursements forfaits et tickets modérateurs pour les dépenses de maladie.

La crise a levé le voile sur les aspects inacceptables des politiques libérales menées depuis plusieurs années. Il faut en tirer toutes les leçons et changer d’orientation politique pour continuer de bâtir et consolider les systèmes de protection sociale, égalitaire et collective qui ont fait la preuve de leur efficacité et sont plus que jamais nécessaires pour faire face à la désastreuse situation de crise économique et sociale.

Charlie PESCE Président de l’Union Départementale des Retraités FORCE OUVRIERE de Haute-Marne