LES SERVICES PUBLICS DE PROXIMITE S’ELOIGNENT DES HAUT-MARNAIS

, par udfo52

Réunis au siège de l’Union Départementale FORCE OUVRIERE de Chaumont le 31 janvier 2011, 60 représentants syndicaux des services publics haut-marnais ont, preuves à l’appui, démontré les conséquences désastreuses de la politique purement comptable de l’Etat en ce qui concernent les services publics.

Anne Baltazar, secrétaire générale de la fédération générale FO des fonctionnaires, qui était venue de Paris pour présider cette réunion, a pu entendre le constat castastrophique que les militants ont dressé, avec force détails, des services publics haut-marnais.

Les trois fonctions publiques sont touchées (Etat, Territoriale et Hospitalière) :
- les petites communes sont délaissées par l’Etat. Les subdivisions de l’équipement qui apportaient leur assistance technique, dans le cadre de la solidarité, ont disparu. Les maires sont invités à se tourner vers des bureaux d’études privés inexistants qui boudent notre département car pas rentable ;
- les suppressions de poste dans les établissements de santé ont de graves conséquences sur la qualité des soins et l’attention portée aux patients : une douche par mois dans les EHPAD (établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes) et 2 à 3 minutres pour un repas. Les directions préfèrent acheter des couches hygièniques pouvant durer 12 heures plutôt que de payer les personnels pour lever les résidents la nuit... ;
- les routes nationales sont dégradées et les 2 X 2 voies sont déneigées à moitié... ;

Les interventions du chef de l’Etat dans le Cher auprès des élus locaux le 1er février et lors de ses « vœux au monde rural » le 19 janvier 2011 confirment les effets dévastateurs du plan d’austérité gouvernementale et des mesures de destruction des services publics des trois versants de la fonction publique en particulier sur les zones rurales françaises.

A l’issue des Assises des territoires ruraux, le 9 février 2010, il avait pourtant décrété l’urgence pour des interventions publiques dans les zones rurales devant faire face à des besoins immenses en termes économiques, d’emplois ou de désenclavement.

Du fait des suppressions d’effectifs et de services publics, d’aides sociales, d’aides à l’emploi, d’aides économiques dites de relance, ou encore de l’échelon administration du Département, le chef de l’Etat en appelle désormais à la « polyvalence des agents publics » et à un partage des missions publiques entre les secteurs public et privé.

Un agent du trésor public doit pouvoir distribuer le courrier et assister les élus locaux sur leurs projets d’équipements publics. Quant à ses missions, elles pourront être transférées aux commerçants du coin…

Alors que les besoins de la République sociale sont démontrés, de façon plus prégnante dans les zones rurales représentant 60% du territoire national, le refus dogmatique du gouvernement de s’intéresser aux recettes publiques conduit non seulement à ne pas y répondre mais à les aggraver par des politiques de rigueur dévastatrices pour les emplois, pour les salariés, pour les missions et les services publics (RGPP, loi HPST, réforme territoriale, changement de statut de la Poste, etc.).

C’est aussi un moyen pour le gouvernement de continuer sa casse du statut de la fonction publique et des droits des agents publics, tout en organisant le transfert des missions au privé. Entre 2007 et 2013, le gouvernement aura supprimé 2/3 des effectifs de l’Etat dans chaque département.Cette « polyvalence » imposée aux rares agents publics encore présents symbolise la « poly-vacance » des missions publiques imposée à toutes les zones rurales.