GILETS JAUNES = ECHEC DE CEUX QUI N ECOUTENT PAS LES SYNDICATS

, par udfo52

Le mouvement des gilets jaunes, issu d’une contestation des taxes sur le carburant, dénonce progressivement l’ensemble de la politique du gouvernement. Il n’est pas l’échec des syndicats mais celui de ceux qui n’écoutent pas les syndicats.

La taxe sur les carburants n’est qu’un déclencheur de la colère des « laissés pour compte ». Bien que le coût du transport soit une question importante et légitime, c’est une erreur de limiter la mobilisation actuelle à cette seule préoccupation et de ne pas y voir globalement un enjeu de pouvoir d’achat et de redistribution des richesses. La question du pouvoir d’achat était au cœur de notre journée d’action du 9 octobre dernier qui a mobilisé des centaines de milliers de salariés. On ne peut pas dire que FO n’a pas relayé le mécontentement et n’a pas alerté le gouvernement.

Depuis des années les richesses produites par les salariés sont captées par les plus riches : – les baisses et suppressions d’impôts sur les entreprises et les plus grandes fortunes conduisent à la réduction continue des budgets du service public, donc à sa dégradation (écoles, universités, hôpitaux, aménagement du territoire, mobilité, environnement ,etc.) ; – le gel des salaires, dans le privé comme dans la fonction publique, entraîne depuis des années une perte du pouvoir d’achat conséquente (500 € en moyenne depuis 2018) ; – la baisse des cotisations sociales des salariés, soit disant pour améliorer le pouvoir d’achat, n’entraîne qu’une dégradation de la protection sociale (assurance chômage et sécurité sociale).

Le mouvement des Gilets Jaunes est un mouvement citoyen et non des seuls travailleurs. Il sort du cadre purement syndical qui est celui de FO, car notre objectif n’est pas politique mais d’obtenir la satisfaction de nos revendications réaffirmées lors de notre congrès confédéral d’avril 2018 :

-* La création d’emploi en CDI ou sous statut et un Smic à 80% du salaire médian ;

  • Une revalorisation immédiate de la valeur du point d’indice de 16% pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat cumulées depuis 2000 ;
  • Force Ouvrière rappelle son opposition aux impôts indirects tels que la TVA ou les taxes environnementales profondément injustes et inégalitaires qui se sont développées en matière fiscale, le Congrès demande une réforme fiscale d’ampleur pour un impôt républicain, juste, progressif et redistributif.

Pour FO, le pouvoir d’achat c’est le salaire mais aussi le salaire différé : la protection sociale. Quant au service public, c’est la richesse de ceux qui n’en ont pas.