FO défend les hôpitaux et les EHPAD publics de Haute-Marne

, par udfo52

Le 8 novembre 2016, les syndicats FO des personnels de la fonction publique hospitalière de Haute-Marne étaient dans l’action pour défendre l’offre de soins hospitalière sur le département.

FO, CGT et SUD, dans un appel commun national, appelaient les personnels médicaux et non médicaux, agents des établissements de la fonction publique hospitalière (secteur sanitaire, social et médico social) à entrer dans l’action pour défendre l’offre de soin publique et leurs conditions de travail.

En Haute-Marne, FO est la première organisation syndicale dans la fonction publique hospitalière. Les responsables syndicaux des hôpitaux de Chaumont, Langres, Saint-Dizier, de l’hôpital Psychiatrique, des hôpitaux locaux et EHPAD de Joinville, Wassy, Montier en Der... étaient présents à la conférence de presse. Ils ont pu décrire leurs conditions de travail et la dégradation de la qualité des soins, conséquence des politiques d’austérité mises en œuvre par les gouvernements successifs.

La délégation FO s’est ensuite rendu à la Préfecture afin de remettre ses motions. Conduite par Dominique Perchet, secrétaire générale de l’UD FO 52, et Sandrine Roussel-Druart, secrétaire du groupement départemental FO Santé, la délégation a été reçu par M. Philippe Duval, directeur de cabinet.

Au cours de ces 2 temps forts, les délégués FO ont dénoncé la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les établissements haut-marnais que ce soit en termes d’offres de soin, de finance et de conditions de travail des personnels. Cela se traduit concrètement de la façon suivante :

- Des fermetures de lits et de services.
- Des établissements qui accusent des déficits financiers abyssaux.
- Une démographie médicale défavorable qui inquiète personnels et patients.
- Le développement de l’ambulatoire qui n’est absolument pas adapté à notre population vieillissante qui n’a pas l’autonomie suffisante pour un retour à domicile rapide.
- La mise en place de GHT atypiques et l’annonce d’un plan d’économies de 3.5 milliards d’euros au niveau national qui ne font qu’accroître stress et anxiété pour les personnels. De plus aucun établissement de notre département n’a été désigné comme établissement pivot ce qui laisse présager encore une perte d’emplois.
- Des attaques permanentes contre le statut des personnels, dernièrement avec la mise en œuvre du PPCR et le holp up sur ses fonds de formation.
- Le mépris à l’égard du personnel hospitalier à qui l’on demande toujours plus sans lui donner en retour la juste reconnaissance qu’il est en droit d’attendre alors qu’il travaille dans des conditions de travail déplorables.
- Un accroissement du taux d’absentéisme en lien avec une explosion des accidents de travail et des maladies professionnelles qui sont signes d’une très grande souffrance des personnels hospitaliers.
- Les soignants ne peuvent plus exercer conformément aux recommandations et aux bonnes pratiques ce qui remet en cause la qualité et la sécurité des soins.

Quant aux EHPAD de Haute-Marne, ils sont confrontés à l’insécurité pour les résidents et à l’apparition d’une forme de maltraitance institutionnelle diligentée par les directions hospitalières qui prétextent une réorganisation du travail des soignants afin de maintenir une qualité des soins pour les résidents en adéquation avec les ratios de personnels financés par nos organismes de tutelles.

• Le personnel soignant doit réaliser TOUS les JOURS des soins d’hygiène revus à minima (TMF→ Tête/ Mains/Fesses). Les douches sont faites en 5 mn environ avec pour conséquences l’apparition de problèmes cutanés. Aucune possibilité d’apporter une qualité de soin d’hygiène satisfaisante. Grande inquiétude pour les soignants et un problème d’éthique se pose.

• Les effectifs soignants sont revus à la baisse dans tous les établissements. On ne remplace plus les congés annuels, RTT, les petits arrêts maladie, les départs en retraite, on diminue le temps de travail journalier avec une augmentation des tâches quotidiennes….

• Un système de PROCEDURE DEGRADEE est mis en place dans la majorité des EHPAD et hôpitaux locaux de notre département pour palier l’absentéisme du personnel. Les services se retrouvent avec des effectifs à minima, ce qui est synonyme de dégradation des conditions de travail et d’insécurité pour les patients ou résidents.

• On voit apparaître de nombreuses maladies professionnelles, accidents du travail, arrêts de maladie, CLM CLD en raison de l’intensification des tâches à réaliser dans la rapidité et la précipitation.

En effet, une insécurité grandissante s’installe progressivement dans le système Hospitalier et impose une certaine forme de tolérance dans le cadre professionnel du travail des soignants :

- Distribution des Médicaments par les AS ou voir ASH dans de nombreuses EHPAD avec son lot d’erreurs dissimulées ou pas par certaines directions.
- Non application de certains protocoles d’hygiènes, de soins, de transmissions… du fait d’un manque temps.
- Absence de personnel qualifié certains jours dans des unités au profit d’ASHQ voir Emploi d’avenir et Contractuels … De plus, une pression psychologique permanente est exercée sur le personnel hospitalier :
- On augmente les responsabilités et la charge de travail des soignants quotidiennement.
- On impose la validation de certains actes non réalisés habituellement afin d’obtenir « le sésame de la Certification »
- On oblige le personnel à siéger dans certaines réunions de service ou à participer à certaines animations sur la base du bénévolat.
- On reporte la responsabilité sur le personnel hospitalier lorsque de nombreux lits sont vacants dans les EHPAD.
- On invoque la baisse ou non de moyens financiers pour justifier les suppressions de poste et les non renouvellements de contrat.
- On constate que le recours massif aux emplois précaires non qualifiés contribue à une désorganisation du travail dans les services.
- On MENACE les agents hospitaliers de SUPPRIMER LES RTT même lorsque les établissements ne rencontrent pas de problème financier ou d’organisation de travail.
- Une montée significative du mécontentement des familles et des patients se confirme dans tous les établissements.
- Les agents sont victimes d’une augmentation de l’agressivité verbale et physique.

Le personnel est désabusé et se retrouve en BURN OUT.

La Haute-Marne est un territoire rural qui se distingue par sa population vieillissante mais également par sa vulnérabilité sociale. C’est pourquoi, les syndicats FO Santé du département, mais également de l’action sociale dont les établissements souffrent de la même façon pour les mêmes raisons :

- Exigent l’abrogation de la loi HPST et de la loi Santé.
- Refusent les effets réducteurs de l’offre de soins prévus par la mise en place des GHT et les fusions qu’y vont en découler.
- Refusent les mutualisations qui éloignent le patient d’une offre de santé publique et imposent les mutations d’office des personnels.
- Exigent la fin des enveloppes limitatives, de l’ONDAM triennal de 3,5 milliards d’euros d’économies sur les hôpitaux.
- Exigent le maintien de tous les hôpitaux, tous les lits et tous les services.
- Refusent toute suppression de poste.
- Exigent la mise en stage des CDD et CDI.
- Refusent le PPCR et exigent la revalorisation des carrières, l’augmentation des salaires.
- Exigent que nos anciens soient traités dignement dans nos EHPAD par la mise en place de ratios en adéquation avec une prise en charge de qualité.