DEFENSE DE L’HOPITAL DE CHAUMONT : MANIFESTATION DU 24 MAI 2014 REUSSIE

, par udfo52

Plus de 800 personnes ont répondu présentes à l’appel du collectif créé à la hâte pour défendre l’hôpital de Chaumont en réaction à la décision de l’ARS de fermer provisoirement le service de réanimation.

Photo : Dominique Piot (JHM)

Après les prises de parole de Thierry Simon et Christine Guillemy (maire de Chaumont et présidente du conseil de surveillance de l’hôpital de Chaumont), Dominique Perchet, secrétaire générale de l’UD FO 52 a pris la parole :

"Inacceptable, la situation de l’hôpital public aujourd’hui !

Inacceptable, la situation du centre hospitalier de Chaumont !

Aujourd’hui c’est la fermeture du service de réanimation, ce qui n’est pas une surprise pour FO. Cela nous pendait au nez depuis longtemps. Demain ce sera la fermeture de la maternité de Langres qui est sur la sellette faute d’actes suffisants.

FO dénonce depuis des années, je pourrais dire des dizaines d’années, la sape des services publics. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est que la conséquence de la politique d’austérité mise en œuvre par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche. Ces gouvernements qui ne sont plus que les marionnettes de la finance.

Au nom de l’ultra-libéralisme l’hôpital public est mis en concurrence avec les grands groupes privés. Mais l’hôpital n’a pas vocation à se faire du fric sur le dos des malades. Il fonctionne avec des financements publics pour assurer l’égal accès aux soins des citoyens. Je dis bien tous les citoyens, y compris les haut-marnais.

Or, la politique de réduction des déficits publics mise en œuvre à travers d’abord les Plans Objectifs-Moyens (POM = pour oublier nos missions), la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), la MAP (Modernisation de l’Action Publique), la loi HPST (Hôpital-Patients-Santé-Territoire) a mis les établissements de santé dans une situation financière suicidaire et rend illusoire le retour à l’équilibre dans ces conditions. Mes camarades de l’hôpital de Chaumont pourront vous décrire dans quelles conditions ils travaillent aujourd’hui.

L’Agence Régionale de Santé (ARS), au nom de la sécurité des patients, ferme la réanimation. Vous avez compris : c’est pour notre bien !

Mes Camarades, Mesdames, Messieurs,

Ne soyons pas naïfs ! Ce qui arrive à notre hôpital est programmé depuis belle lurette. Tout a été bien orchestré pour atteindre les objectifs des requins de la finance : c’est-à-dire la destruction progressive du service public de santé pour s’emparer de tout ce qui peut engraisser les actionnaires.

Mais qu’ont fait les gouvernements successifs pour éviter cela ?

RIEN ! Ou plutôt si. Ils ont imposé des plans de retour à l’équilibre drastiques, réduit les moyens de fonctionnement, viré les CDD qualifiés au profit d’emplois précaires, réorganisé, privatisé… Comment donner envie aux jeunes médecins de venir travailler dans les hôpitaux publics dans ces conditions ?

Qu’ont fait nos décideurs locaux ?

En 2006, ils ont polémiqué sur l’emplacement d’un nouvel hôpital sans penser à nous, citoyens. Ils se sont querellés et nous avons été les dindons de la farce. Ils n’ont pas été fichus de présenter un projet dans les temps et nous avons vu le train des financements nous passer sous le nez. Avec mes camarades hospitaliers, nous les avons rencontrés à plusieurs reprises. Ils nous ont écoutés poliment. Cause toujours, tu m’intéresses !

L’ARS a mis en place les politiques décidés par nos élus pour asphyxier l’hôpital. Aujourd’hui, elle s’appuie sur les conséquences de son crime pour justifier la fermeture de services et présenter le partenariat « public/privé » comme l’unique solution.

CELA SUFFIT !

Pour offrir aux sud haut-marnais un réel accès aux soins, Pour défendre les 800 emplois de l’hôpital de Chaumont,

Nous exigeons que le patient soit remis au cœur du débat politique. Nous exigeons que nos élus s’emparent réellement du problème et stoppent sans délai cette politique suicidaire. Nous exigeons que l’ensemble de la communauté médicale prenne ses responsabilités et agisse d’abord dans l’intérêt des haut-marnais."

La mobilisation doit se poursuivre. Les élus, avec Mme Guillemy en tête, vont demander un rendez-vous avec la ministre de la santé pour lui expliquer les particularités de la Haute-Marne. Par ailleurs, Mme Guillemy va travailler avec les médecins pour élaborer un projet de collaboration entre l’hôpital et la clinique dans un objectif gagnant/gagnant.

FO a rappelé son attachement aux service publics de santé qui sont les seuls à assurer la permanence des soins. Nous ne sommes pas opposer à une collaboration entre public et privé mais sous la condition que l’hôpital n’en face pas les frais et que l’argent public n’aille pas engraisser les groupes de santé privés.